Faut-il un mot de la fin?

« Voyageur. Bah! Ceux qui ont fait le tour du monde peuvent faire durer leur conversation un quart d’heure de plus. »

Jules Renard

Il est 22h, me voilà au point où tout a commencé et où tout s’est terminé… Parc du Vertou, Morges, au bord du lac Léman… Cela fait plus de trois mois que je suis de retour. Je viens de parcourir une dizaine de kilomètres à vélo, je rentre chez moi après le boulot. C’est fou comme la vie a vite repris son cours. Nous avons une petite conversation avec le lac, je suis perdu dans ses eaux, les reflets de la lune jouent avec les vaguelettes et un sentiment de bien-être m’envahi.

Les derniers jours passés en tête à tête avec mon meilleur pote...

Les derniers jours passés en tête à tête avec mon meilleur pote…

Dernier millier de KM

Dernier millier de KM

Des fées sur la route pour m'accompagner

Des fées sur la route pour m’accompagner

Et le jet d'eau, dernière ligne droite, littéralement...

Et le jet d’eau, dernière ligne droite, littéralement…

Les événements se déroulent encore dans ma tête… les derniers kilomètres en France, les dernières rencontres, le Léman qui m’ouvre les bras depuis le col du Mont de Sion, l’arrivée en Suisse, ma dernière nuit sur la route, les retrouvailles avec des amis pour les derniers kilomètres les tours de roues finaux avec, sur la ligne d’arrivée, ma maman qui m’attend. Et jusque là, j’étais sur la route, j’étais dans le voyage, je regardais le monde comme je l’ai regardé pendant 4 ans et puis j’ai vu les miens, ma maman, mon frère, ma famille… et j’ai su que c’était terminé. Un sourire aux lèvres, le vélo à glissé pour les derniers mètres et j’y étais! J’avais bouclé la boucle! point de pleur, de larme ou de drame, mon esprit était en auto-pilote. Toute mon énergie allait vers les retrouvailles, vers les gens qui étaient venu partagé ce moment si important. Tout est allé si vite, j’étais simplement heureux et prenais ce que la vie m’offrait… comme je l’ai fait si souvent pendant les 4 dernières années…

Les derniers mètres avec neveux et petite soeur

Les derniers mètres avec neveux et petite soeur ©CAMonnard

Retrouvailles!

Retrouvailles! ©CAMonnard

Plus de trois mois sont passés comme je l’ai dis et je ne suis toujours pas redescendu de ce tour de terre. Les personnes que je croise me demandent souvent:

– Ce n’est pas trop dur ce retour?

– Alors? pas envie de repartir?

– Et maintenant, tu vas faire quoi?

A vrai dire, je ne sais jamais quoi répondre à part:

– Je ne suis pas redescendu, j’y suis encore un peu…

Trois mois, c’était le temps que je m’étais donné pour revenir, souffler, atterrir… Et il faut bien se rendre à l’évidence que j’en suis loin. Un doute s’insinue en moi, est ce que je vais y arriver un jour, est ce que je vais pouvoir reprendre la vie d’ici, reposer les pieds sur la terre ferme et me dire, tiens j’ai une vie normale?

A cette question, je crois que je ne pourrais peut-être jamais y répondre et franchement j’espère que cela continuera comme ça. J’ai repris le même travail, récupéré le même appartement et repris en gros la même vie mais maintenant, à chaque fois que j’observe le monde, mon monde, j’y pose des yeux différents ce qui me permet de ressentir les choses avec plus d’intensité, avec plus de personnalité et d’agir, le plus possible, en fonction de ce que la réalisation de ce rêve m’a apporté. Une sorte de deuxième chance ou de vie version 2.0, améliorée… et tous les matins, je remercie, la chance, le destin, mes propres choix, le mec d’en haut ou ce que vous voulez d’avoir bouclé la boucle, d’avoir réalisé un rêve de gamin…

Alors oui je peux répondre à ces questions:

– Non ce n’est pas trop dur, je suis content d’être ici, de revoir famille et amis et d’avoir d’autres challenges et d’autres choses qui se profilent dans ma vie.

– Envie de repartir? évidemment mais pas pour fuir « la réalité » que j’ai retrouvée. C’est juste que la route est comme une vieille amie, une pote qui m’a fait énormément de bien et avec qui j’ai tellement partagé… elle me manque et c’est bien normal. Maintenant j’ai envie de passer du temps ici, je sais juste qu’un jour, d’une manière ou d’une autre je retrouverais la route.

– Qu’est ce que je vais pouvoir bien faire? prendre le temps, prendre le temps comme je l’ai fait ces dernières années et aller de l’avant. Réaliser d’autres projets, prendre part aux rêves d’autrui et continué à créer.

La vie est là, à portée de main et je ne vais pas me gêner pour la saisir et en profiter. Un rêve c’est réalisé ce qui fait de moi sûrement un des type les plus heureux du monde, et sincèrement, je crois que je ne vais pas en rester là!

Sur la ligne d'arrivée, un rêve qui vient de se réaliser

Sur la ligne d’arrivée, un rêve qui vient de se réaliser

Un grand merci aux personnes qui ont été là pour l’arrivée! Sans vous, cette journée n’aurait de loin pas eu la même saveur.

Et en ce qui concerne la suite, restez connectés, des infos, des tas vont suivre!

5 Réponses à Faut-il un mot de la fin?

  • Claude

    Merci de ce partage

  • bikebabe777

    I enjoyed your writing.  I wish I could read it in French because as beautiful as it is in English, I am sure it flows better and is even better in French!  I so enjoyed your stay with us and would rejoice if you ever decided to come back for a visit!

  • Delphine

    ça sonne tellement juste 🙂

  • Timothée

    Je termine mon voyage également, cette lecture qui a duré quelques semaines, fort court, en comparaison avec ton aventure. J’ai pu faire le tour du monde, concentré, raconté, transféré, par ton biais. Je t’en remercie. J’ai appris, j’ai découvert et je me suis rendu compte que suivre quelqu’un, même en décalé, sur un blog, peut apporter. Je ne croyais pas vraiment un blog de voyage alors même que la personne est de retour. Le décalage était un poids, et pourtant, toute la vigueur, l’énergie, la vitalité, les sentiments et les humeurs restent. Comme dans un livre. Presque. Une belle histoire. A bientôt!

  • Anna

    Bien voilà le 12juin2017tu est venu dans notre école à corsier j’ai passé un agréable moment en écoutant tes histoires celle que j’ai trouvé touchante c’est ou le monsieur souriait

    Anna élève de Noémie Horaschek

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