Texas State, Une Question de Contraste?

« On voyage pour changer, non de lieu, mais d’idées. »

Hippolyte Taine

Me voilà devant une page blanche que j’ai de la peine à remplir. Parler du Texas est aussi difficile qu’il fût de parler de la Chine et cela pour les mêmes raisons, trop de contrastes.

Pour la Chine, après cinq mois, je n’ai pas réussi à me faire un avis et je sais que j’y retournerai sans doute un jour, pour simplement essayer de savoir si j’aime ou je n’aime pas ce pays… Par contre, pour le Texas, j’ai un avis tout prêt.

Here we go!

Here we go!

 

Mais parlons un peu du plus grand état des USA, l’étoile solitaire comme il se surnomme lui-même. Lorsque je parlais aux Américains rencontrés que j’allais passer par le Texas, tout le monde me l’a déconseillé pour plusieurs raisons. En voici quelques-unes :

  • Les pires conducteurs du pays
  • Des champs et des paysages mornes et plats tout le long
  • Des rednecks en puissance et des gens très conservateurs
  • Des grosses villes saturées

Donc, voyons voir si mes rencontres ont eu raison de me déconseiller de passer par là, mettons-nous en situation

Les pires chauffeurs du pays

À Flagstaff, les cyclistes croisés me l’ont bien dit : Le Texas est rempli de chauffard ! Il n’y a surtout pas beaucoup de routes qui traversent les grands espaces et ce qui augmente un peu la circulation. Alors avant de donner un avis, remplissons un peu l’équation. Le Texas est l’état où les limitations sont les plus élevées, 80 miles par heure, ce qui nous fait un petit 128 km/h sur les routes nationales (en Suisse, on ne roule qu’à 120 km/h sur les autoroutes!). Alors quand une énorme voiture de plusieurs tonnes vous frôle à 128 km/h (si celle-ci respect les limitations ce qui qui est une autre histoire) cela fait un peu bizarre. Et rajoutons à cette charmante équation des routes pas franchement top, des bandes d’arrêt d’urgence franchement dégueulasses et remplies de petits déchets franchement piquants qui font que les crevaisons ça arrive (une petite dizaine, belle série). Et ainsi que le fait que je ne sois pas le cycliste le plus patient du monde et que certaines fois, j’aime bien me faire un peu de place pour ne pas rouler trop au bord de la route. Donc, nos amis cow-boys qui ont troqué depuis longtemps un cheval contre deux cents sous un capot ne sont pas aidés, les routes sont mauvaises et on y roule bien trop vite. Malgré cela 99% des conducteurs ont été irréprochables, prenant de la distance et du temps pour dépasser et souvent en faisant un petit signe pour dire bonjour ou encourager. 1% a été malveillant, m’a taillé un short ou bien à délibérément essayer de me pousser en dehors de la route…. Une minorité d’extrémistes qui donnent une mauvaise réputation à toute la communauté comme c’est souvent le cas pour tant d’autres choses. Donc non, les chauffeurs texans ne sont pas les pires des États-Unis, pas pire qu’en Californie, Oregon ou encore Arizona, non ils sont dans la moyenne, les conditions pour les cyclistes sont un peu plus compliquées c’est tout.

Bienvenu, Rouler tranquillement, presque vrai!

Bienvenu, Rouler tranquillement, presque vrai!

Des autoroutes

Des autoroutes

des routes qui vont au bout du monde

des routes qui vont au bout du monde

Des routes qui vont là où on veut

Des routes qui vont là où on veut

Petite aiguille qui laisse un grand trou...

Petite aiguille qui laisse un grand trou…

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Mieux vaut être un cycliste qu’un autostoppeur dans le coin…!

 

Des champs et des paysages mornes et plats tout du long.

Ne va pas au Texas, c’est plat et il y a des cultures tout du long que me disait un type rencontré sur la côte de l’Oregon. Je ne crois pas qu’il ne soit jamais passé par le Texas ! Il m’a fallu 23 jours pour traverser l’état. Si cela avait été plat, je crois que je n’en aurai mis que 19. Des petites collines un peu partout, un joli col au milieu, des petites portions bien raides qui cassent les jambes. Rien de plat ou presque je vous le dis mes amis. Mais en même temps, avec 696’241 km carrés, sois un petit peu plus que la France et environ 17 fois plus grand que la Suisse, il y a sûrement de tout dans cet état. Du contraste à la pelle, désert, montagnes, rivières, pampa… faites votre choix !

entre montagnes

entre montagnes

Pampa

Pampa

Rivière

Rivière

les forêts de l'Est

les forêts de l’Est

et le seul arbre de tout l'Ouest

et le seul arbre de tout l’Ouest

 

Des rednecks en puissance et des gens très conservateurs.

Qu’est-ce qu’un redneck ? En gros c’est un mec de la campagne, un plouc qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez. Un couple dans l’Utah m’a dit qu’il n’y avait que cela au Texas et que les gens étaient fermés et très conservateurs…
Et dans une station-service d’un petit bled de campagne du Texas, un mec me demande :

– Alors cela fait quoi d’être entouré de rednecks ?

Je le regarde les yeux ronds et le type se bidonne ! Ici, on rigole sur le fait que le reste des États-Unis pensent que seuls des péquenauds habitent le coin. C’est sûr l’ambiance est très rustique quelquefois, c’est rempli de ranchs, de réserves de chasse, mais ce n’est pas plouc land loin de là. Et que dire du fait qu’il soit conservateur et fermé ? Mesdames et messieurs les Américains (et le reste du monde), si vous pensez cela c’est que vous n’êtes jamais allé dans le Texas ! En fait, depuis l’Utah où j’ai fait des compliments sur les gens, plus je suis descendu dans le Sud, plus les gens se sont ouverts et ont eu envie de partager du temps avec le simple voyageur de passage que je suis. Et donc, tout au sud, ce furent des échanges, des repas, des dons, des portes ouvertes tout du long de la traversée du plus grand état du pays. Sans commune mesure, c’est ici que j’ai rencontré les gens les plus ouverts. Et je ne suis pas ici pour parler de politique, chacun pense ce qu’il veut et crois en ce qu’il veut, surtout si cela n’empêche pas les gens d’ouvrir leurs bras et leurs cœurs pour le voyageur de passage.

Super spot de camping

Super spot de camping

ouais...

ouais…

Bonjour!

Bonjour!

Les cow-boys ont laissé leurs bottes

Les cow-boys ont laissé leurs bottes

 

Des grosses villes saturées

Un cycliste rencontré sur la côte ouest m’avait dit, ne roule pas dans les villes du Texas, rien n’est fait pour le vélo ! Que dire ? Je ne suis pas tellement passé par les énormes centres urbains de Houston et Dallas, juste les « petites » villes de El Paso et d’Austin (650’000 885’000 habitants). Et je n’ai pas été vraiment traumatisé par la densité ou la circulation plus qu’ailleurs aux USA. San Francisco, Las Vegas, Portland, Seattle ne sont pas mieux en matière de circulation. Et un beau pouce levé pour Austin, la ville de Lance Armstrong, qui s’est vraiment adapté à la pratique de la petite reine.

A la sortie d'El Paso

A la sortie d’El Paso

Sur la rivière d'Austin

Sur la rivière d’Austin

 

En conclusion chers amis, encore un paquet d’idées reçues sur un endroit de notre planète. J’ai aimé le Texas avec ses qualités et ses défauts. On m’a regardé de travers comme dans beaucoup d’autres endroits mais on m’a ouvert des portes comme dans peu. J’ai eu des sueurs froides et des coups de sang sur la route, comme souvent un peu partout. Mais comme pour la Chine, tout y était intense, vraiment, cru et j’ai vécu tout cela au plus profond de moi-même. Une région qui m’a plu et dans laquelle j’aurai plaisir, une autre fois, à m’enfoncer pour me délecter de cette intensité. Pas convaincu, allez-y faire un tour ! Thank you Texas and see ya !

Thank You Texas!

Thank You Texas!

Ne rien lâcher!

Ne rien lâcher!

 

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