USA, The End: Intensité Au Présent de l’Indicatif

« Voyager est un triple plaisir: l’attente, l’éblouissement et le souvenir. »

Ilka Chase

Voilà presque un mois que je n’ai rien publié… Au fond de moi je me pose la question, pourquoi ? Pourquoi je ne trouve plus cette motivation à me poser derrière une page blanche numérique et de laissé libre cours à ces pensées et ces impressions qui m’ont parcouru les dernières semaines. Pourquoi je ne trouve plus ou je ne prends plus le temps de m’asseoir et de ressasser le passé ?

Je me demande pourquoi?

Je me demande pourquoi?

À vrai dire, je me suis beaucoup posé ces questions et j’ai trouvé la réponse lors d’une conversation avec une amie depuis le Portugal. Parce que oui, j’étais au Portugal, en Europe ! Et me voilà en Espagne ! Le but approche et je vous ai laissé loin derrière, au Texas, à presque 4000 km de route d’ici…

 

Alors que se passe t-il ? C’est assez clair, il y a un changement de perspective. Lorsque l’on voyage, que cela soit pour des vacances, pour un peu plus long ou pour quatre ans, le voyageur passe par plusieurs étapes et se projette dans le temps d’une manière différente dans chacune. Lors de la préparation, l’avenir est en pointe de mire, l’excitation et les questions sont omniprésentes et nous nous consacrons entièrement à la préparation. Ensuite, il y a le départ, l’instant présent prend toute son importance, son ampleur, le but est là, l’attente se termine et l’aventure commence ! Puis vient le voyage en lui-même, le présent se mêle au passé avec un soupçon d’avenir. Il est temps de vivre à fond, de prendre du recul sur ce qui a été accompli et de planifier tranquillement la suite. J’ai été dans cet état pendant presque quatre ans, où j’ai pu prendre le temps de tout, de prévoir, de vivre et de me souvenir. Et il était alors « presque » facile de se poser et d’écrire pour vous raconter des histoires. Mais il y a eu un changement imperceptible, je me suis rendu compte que j’allais rentrer. Oui, cela fait longtemps que je le sais et même plusieurs mois que j’avais posé une date précise sur laquelle je me tiens, mais ma tête, mon cœur et tout mon corps ont subitement ressenti que la fin approchait. Impossible de dire exactement quand cela s’est produit, un sentiment d’urgence s’est installé et mon être a décidé qu’il fallait profiter de chaque instant, ne rien laisser passer et de tout savourer et emmagasiner le plus possible. Ma tête rechignait à se remémorer les dernières semaines. Mon imagination s’est mise en grève et pas moyen même de préparer la suite, non, le présent m’a complètement accaparé. Et dans un moment de faiblesse, j’ai laissé faire, les souvenirs se sont accumulés dans un coin de l’esprit et se sont verrouillés là. Impossible de coucher cela sur papier, même dans mon journal de bord quotidien, je n’arrivais qu’à écrire au présent de l’indicatif… Vivre et ressentir l’intensité !

Malgré l'instant présent, il faut continuer à avancer...

Malgré l’instant présent, il faut continuer à avancer…

Et certaines fois, il est bon de jeter un oeil en arrière...

Et certaines fois, il est bon de jeter un oeil en arrière…

Sans oublier de savourer le présent

Sans oublier de savourer le présent

 

Et intense ce fut ! La dernière ligne droite de cette traversée d’Amérique du Nord s’est déroulée à 100 km/h ! Un millier de rencontres, des amitiés qui se sont crées, d’autres qui se sont consolidées. À Austin par exemple, c’est Valérie que je rencontre. Une Française qui roule et qui roule fort. Nous passerons un peu plus de 10 jours ensemble et nous déboulerons en plein Mardi Gras à la Nouvelle-Orléans. Ensemble, nous bouclons une belle épopée de 1000 km avec des dizaines de rencontres autant extraordinaires qu’improbables. Nous apprendrons à danser la gigue du carnaval dans un restaurant de Louisiane, nous battrons à plate couture les pros des dominos dans une église du Texas et nous referons le monde un nombre incalculable de fois à deux ou à plusieurs. Puis à McDonough, c’est Claude qui m’ouvre les bras. C’est la grand-maman de ce cher cuisinier au grand cœur, Raphaël avec qui j’avais passé six mois en Turquie. Claude et son mari Bruce prennent soin de moi comme si j’étais un membre à part entière de la famille. Bons petits plats, vitamines, remise en forme, visites, etc. Une belle semaine que je consacrerai qu’au repos ! Puis dans la Capitale, c’est Kyle qui m’héberge. Une vieille connaissance puisque nous avons fait notre gymnase (lycée) ensemble. Presque dix ans que nous nous étions pas vus et les choses entre nous n’ont pas beaucoup changé, c’est toujours aussi simple. Nous, en revanche, nous avons chacun parcouru du chemin et je découvre Miriam, la personne qui partage la vie de mon pote. Deux amis de plus dans mon petit cercle. Que dire de New York ? Elieza m’héberge, c’est une fille incroyable que j’avais rencontré en Asie centrale, il y a presque trois ans. Et je revois Christel avec qui je passe une soirée à refaire le monde, encore une fois c’est une connaissance de Suisse et une personne importante à partir de maintenant. Sans oublier Katia et Yvan, deux touristes qui voyagent à travers le monde en 4X4 et que j’avais croisés en Mongolie. Et comme le hasard fait très souvent bien les choses, nous nous recroisons ici, dans la grande pomme ! Intense je vous dis ! Et que dire de toutes ces personnes qui ont ouvert leur porte ou leur cœur lors de mon passage ? Je me suis fait héberger une bonne vingtaine de fois par des inconnus, comme cela, simplement. Merci à eux et à mes amis d’avoir rempli ce bout de voyage !

Valérie dans toute sa splandeur

Valérie dans toute sa splandeur

Un réveil partagé

Un réveil partagé

Dans la capital, je fais également la connaissance de Abraham.

Dans la capital, je fais également la connaissance de Abraham.

Katia et Yvan sans leur 4x4

Katia et Yvan sans leur 4×4

 

Un peu d’intensité en plus lors des présentations dans les écoles. Et j’ai un peu changé de registre au niveau du public, car dans l’État de Géorgie, ce n’est pas moins de sept animations dans deux High School remplies d’adolescents que j’ai données. Une présentation photo, des questions, un dialogue et de l’échange voilà ce que fut le programme de ces animations. Ces jeunes, avant de partir à l’université, se posent énormément de questions. Ils sont dans un âge où tout leur semble possible, mais où il faut suivre un chemin de vie traditionnelle : études, travail, famille et… attente… Très peu de personnes leur montrent qu’une autre voie est possible, que la vie ne se résume pas au monde professionnel et qu’il est possible de faire quelque chose d’autre. Alors, je profite de ces conférences pour leur montrer une autre façon d’entrevoir les choses, de se fixer des objectifs et, de pourquoi pas, tenter de réaliser ses rêves. Beaucoup d’émotion et de reconnaissance dans les discussions que j’ai eues avec ces jeunes. Une inspiration pour moi et le futur de l’association All School Project. L’échange de dessins de maison était également intense avec des présentations à Austin et à Washington DC dans deux écoles primaires !

Martin Luther King Jr disait qu'il avait un rêve, nous en avons tous!

Martin Luther King Jr disait qu’il avait un rêve, nous en avons tous!

Pale-Ipa prêt dans une école de Washington DC.

Pale-Ipa prêt dans une école de Washington DC.

Austin, Texas.

Austin, Texas.

 

Et pour finir le thème de l’intensité, il n’y a pas meilleurs sujets que les villes traversées lors de cette dernière partie : Austin, la Nouvelle-Orléans, Washington DC, Philadelphie, New York… À chaque fois, un film, une autre impression, une bouffée d’adrénaline qui m’envahit quand je roule entre ces gratte-ciel. C’est un monde nouveau à chaque fois, une atmosphère si différente mais si… intense !

Philadelphie

Philadelphie

Brooklyn Bridge

Brooklyn Bridge

Manhattan

Manhattan

Brooklyn

Brooklyn

Broolkyn

Broolkyn

 

Et arriver à Time Square, en plein milieu de Manhattan fut énorme. J’ai slalomé entre les Yellow cabs et salué les policiers dans leur veste NYPD en arrivant. Et puis j’ai levé la tête, les écrans étaient éblouissants, le brouhaha assourdissant et l’air autour asphyxiant. C’est bel et bien une jungle, urbaine certes, mais une jungle. Pas une minute de répit dans cet endroit qui ne s’arrête jamais. Et arriver à vélo, ici, ce fut un anachronisme, une anomalie dans la matrice et une sacrée fierté pour ma petite personne. Finir à New York en arrivant de l’Ouest, en 58’000 km… qu’est-ce qu’il y a de plus intense ?

Time Square...

Time Square…

En route pour l'Europe, pour un peu plus d'intensité!

En route pour l’Europe, pour un peu plus d’intensité!

 

3 Réponses à USA, The End: Intensité Au Présent de l’Indicatif

  • Claude

    merci pour ce beau et intense dernier partage, vive l’arrivee et ces derniers jours qu’ils soient memorables .

  • Laureline

    Excellente description de l’urgence que l’on ressent à la fin d’un voyage. Après 4 ans de vadrouille, ça doit être fou !
    Vivement ton retour et en attendant, profite !!!

  • Yalena

    Merci Chris, c’est toujours aussi simple et intense ce que tu écris. J’ai hâte de te rencontrer et j’aimerais que tu sortes ton blog en livre car rarement un blog de voyage m’a autant intéressée.

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