En route pour Sarajevo

Quand j’ai annoncé à mes proches que j’allais traverser la Bosnie Herzégovine, ceux-ci se sont inquiétés. Le pays n’a pas encore retrouvé un climat de paix depuis 15 ans. Moi qui ne souhaitais pas me fier à des aprioris de ce genre, j’ai décidé d’y aller, mais en restant très prudent.

La rivière Neretva

Pour me faciliter mon début de parcours dans ce pays, je longe la rivière Neretva qui se jette dans la mer Adriatique depuis la Croatie. Le delta forme un petit plateau où j’ai beaucoup de plaisir à évoluer. Cela me change du relief accidenté de la Croatie.  Mon entrée est perturbée par des feux de forêt dans les collines aux alentours. Rien de bien méchant mais l’air est saturé de fumée et des cendres volent dans l’air comme des petits flocons de neige. Ma première nuit, je la passe au bord de la rivière. Je me renseigne chez les habitants du coin pour savoir si les lieux sont sûrs. Pas que j’aie peur des voyous, mais plutôt des mines qui sont encore dans le pays. Un couple me rassure et me dit de me méfier uniquement des serpents. La fameuse vipère des Balkans. Mais cette nuit-là, pas de problème pour moi.

Je longe la rivière direction Mostar. Durant mon trajet, je commence à apercevoir la fin du plateau sur lequel j’évolue. Au loin se forme des montagnes abruptes qui sortent de terre de manière spontanée. Ce paysage est évidement à mon goût !

Les montagnes se dressent devant moi

Mostar est une ville pleine de contrastes. J’y entre par la zone industrielle qui est formée par des bâtiments flambant neufs et de vieilles usines en ruine datant de la guerre. Au centre l’architecture est basée sur le même principe et on peut voir des maisons ou des immeubles quasiment détruits qui jouxtent des bâtiments à la peinture fraîche.

Des immeubles qui ne seront jamais reconstruis

Les habitants toujours prêts pour me filer un coup de main

Un contraste encore plus impressionnant se passe dans la vieille ville, avec son fameux pont. Lorsque je traverse la ville, je croise des habitants de Mostar. Mais la vieille ville est une sorte d’oasis à touristes. C’est comme si je franchissais une barrière invisible qui me transportait dans un univers parallèle. Tout est propre, rangé, organisé. Les petites échoppes dans les ruelles étroites étincellent avec leurs bijoux et théières traditionnelles. C’est comme si j’étais rentré dans un Moyen-Orient aseptisé. Il est plaisant de parcourir cette partie de la ville mais il flotte comme un brouillard qui masque beaucoup de réalité. D’ailleurs je passerai plus de temps dans le reste de Mostar que dans ce petit monde.

Mostar

Mostar

Le pont de Mostar

Un autre contraste du pays, c’est les religions. Dès mon arrivée, je vois les premiers minarets de mon voyage. Et je me fais réveiller par les Imams et leurs prières au lever du jour. Ici, chrétiens, musulmans et orthodoxes tentent de cohabiter. Dans beaucoup de village, cette relation semble bien se passer et je vois souvent des gens de différentes confessions se côtoyer sans aucune gêne apparente. Mais dans les villes et d’autres régions, cette cohabitation reste fragile et tendue. Trace d’une guerre qui n’a commencé à cicatriser il y a à peine quinze ans. Jamais je n’ai eu de problème ou de tension avec des gens de ce pays. Peu importe leur religion, je suis accueilli toujours de la même manière. Avec respect et gentillesse.

Après Mostar, la rivière que je suis entre dans un canyon entouré de montagnes couvertes de sapins et aux rochers apparants. Je longe la route nationale où les automobilistes me signalent leur arrivée par un coup de klaxon bien placé. Je dors cette nuit sur une ancienne route coupée par un éboulement.

La montagne prend toute la place de ce coin

Ma tente au bout du monde

Juste avant d'arriver à Sarajevo

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